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Copines, Mamans et Femmes (très) actives

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Copines, Mamans et Femmes (très) actives

"Le masculin l'emporte toujours sur le féminin", une règle remise en question.

"Le masculin l'emporte toujours sur le féminin", une règle remise en question.

"Le masculin l'emporte toujours sur le féminin", une règle remise en question.

Vous connaissez tous la fameuse règle grammaticale qui veut que l'on accorde le participe passé ou l'adjectif avec le sujet ? Et quand ce dernier se compose par exemple d'un prénom féminin et d'un autre masculin on l'accorde de manière systématique avec le masculin ?

Prenons un exemple simple : Paul et Julie sont arrivés

Pas question en "français correct" d'écrire arrivées puisque, c'est la règle, le masculin l'emporte toujours sur le féminin. J'avoue que je me suis souvent posée la question de savoir pourquoi et comment cette règle a été instaurée. Et nos filles aussi.

Pourquoi le féminin ne l'emporte pas sur le masculin ? A-t-il fallu faire un choix pour instaurer des règles d'écriture ou s'agit-il comme certains le pensent, d'une volonté de montrer (encore !) la supériorité de l'homme sur la femme ?

Il semblerait qu'aujourd'hui, à l'heure où l'on se bat pour de vraies égalités homme/femme, pour mettre à mal la discrimination à l'égard des femmes, cette question revienne sur le tapis.

Mardi 7 novembre plus de 300 enseignants et enseignantes ont signé un manifeste pour expliquer pourquoi ils n'appliqueront plus, et n'enseigneront plus cette règle. Voici son contenu:

 

Nous, enseignantes et enseignants du primaire, du secondaire, du supérieur et du français langue étrangère, déclarons avoir cessé ou nous apprêter à cesser d'enseigner la règle de grammaire résumée par la formule «Le masculin l'emporte sur le féminin».

Trois raisons fondent notre décision: 

• La première est que cette règle est récente dans l'histoire de la langue française, et qu’elle n’est pas nécessaire. Elle a été mise au point au XVIIe siècle. Auparavant, les accords se faisaient au gré de chacun·e, comme c’était le cas en latin et comme c’est encore souvent le cas dans les autres langues romanes.

Bien souvent, on pratiquait l'accord «de proximité», venu du latin, qui consiste à accorder le ou les mots se rapportant à plusieurs substantifs avec celui qui leur est le plus proche. Par exemple : «afin que ta cause et la mienne soit connue de tous» (Ronsard, épître à la Response aux injures et calomnies…, 1563)

La nouvelle règle a d’ailleurs dû attendre la généralisation de l'école primaire obligatoire pour être appliquée massivement: «On peut aller sur le lac [d’Évian], en bateaux à vapeur ou petits-bateaux, et visiter les coteaux et montagnes voisines, à pied ou en voiture» (DrLinarix, Guide pratique de la Savoie et Haute-Savoie médicale et pittoresque, 1896).

• La seconde raison est que l’objectif des promoteurs de la nouvelle règle n’était pas linguistique, mais politique: «Parce que le genre masculin est le plus noble, il prévaut seul contre deux ou plusieurs féminins, quoiqu’ils soient plus proches de leur adjectif.» (Dupleix,Liberté de la langue françoise, 1651) ; «Le masculin est réputé plus noble que le féminin à cause de la supériorité du mâle sur la femelle» (Beauzée, Grammaire générale… 1767).

Si l'école de la République a préféré abandonner cette formule au profit de celle qu'on connaît, c'est en reconduisant l'ordre de valeur qui est à son fondement. Un ordre que les classes politiques maintenaient parallèlement, en refusant aux femmes les droits politiques jusqu'en 1944, et en refusant plus longtemps encore de leur ouvrir les grandes écoles ou d'abroger les dernières dispositions du «Code Napoléon».

• La troisième raison est que la répétition de cette formule aux enfants, dans les lieux mêmes qui dispensent le savoir et symbolisent l’émancipation par la connaissance, induit des représentations mentales qui conduisent femmes et hommes à accepter la domination d'un sexe sur l'autre, de même que toutes les formes de minorisation sociale et politique des femmes.

Pourquoi n'accepteraient-elles pas de gagner moins que leurs collègues, ou d'accomplir des corvées dont leurs compagnons se dispensent, ou de supporter leurs coups, s’il est admis au plus haut niveau que «le masculin l'emporte sur le féminin»? La lutte contre les stéréotypes de genre, qui est essentielle au progrès de l'égalité réelle des femmes et des hommes, ne peut être efficacement menée si cette maxime n'est pas mise au ban de l'école.

D’autres mesures travaillant à l’expression d’une plus grande égalité dans la langue sont nécessaires, mais le plus urgent est de cesser de diffuser cette formule qui résume la nécessaire subordination du féminin au masculin.

 

Je trouve cette règle complètement stupide sur le fond et je suis sûre que je ne suis pas la seule, toutefois je ne suis pas sûre que ce cheval de bataille suffise à faire la différence. Il faudra des années pour faire évoluer les mentalités et réveiller les consciences sur le sujet des femmes dans la société, mais je pense que cette initiative peut au moins lancer un (nouveau) débat et sensibiliser les plus jeunes sur les inégalités de sexe.

 

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